Le Finistère, il y a seulement 130 ans…

Extrait du rapport de Henri Monod (1892), Directeur de l’assistance et de l’hygiène publique au Ministère de l’Intérieur, ancien préfet du Finistère : Le choléra – Histoire d’une épidémie – Finistère (1885-1886). L’intégralité du document peut être téléchargée sur le site de la BNF :

« Le Finistère offre au statisticien un spectacle singulier. On y rencontre les extrêmes. C’est un des trois départements où la mortalité est la plus élevée (1), et un des trois où l’excédent des naissances sur les décès est le plus fort (2). Nulle part la misère n’est plus grande et nulle part elle n’est supportée avec plus d’insouciance, je dirais presque d’inconscience. Les secours médicaux y sont rares ; les habitants en éprouvent peu le besoin ; un grand nombre naissent, vivent, meurent, sont enterrés sans l’approche d’un médecin. L’hygiène publique ou privée y est inconnue. L’ivrognerie y est répandue, même parmi les femmes. Et c’est une contrée si attachante, la race y possède des qualités si fortes et si nobles, la nature s’y montre avec un tel caractère de sauvage ou de mélancolique poésie que ceux qui l’ont une fois habitée ne l’oublient pas et gardent à jamais au cœur le désir de la revoir…

(1) Derrière les Bouches-du-Rhône, en 1885
(2) Derrière la Corse et le Pas-de-Calais en 1889 Continuer la lecture