De l’art contemporain

Tout a commencé par les photos artistiques les plus chères au monde. Jacques Croizer en parle dans son livre Tous photographes : sur le terrain ! que je lis actuellement. J’ai voulu voir à quoi elles ressemblaient. Il s’agirait de :

Phantom de Peter Lik

Hrein II d’Andreas Gursky

NB : Il se peut qu’en publiant des copies réduites de ces photos, je viole les droits d’auteur, selon la législation française. Et ceci, même en citant leurs auteurs. Aux États-Unis, ce serait considéré comme du fair use. Il va de soi que je les enlèverai si on me le demande.

Jacques Croizer écrit à propos de ces photos :

Objectivement, les chances sont infimes que vous puissiez atteindre la notoriété des photographes qui trustent les premières marches du podium. Regardez leurs photos sur le Net. Ne sont-elles pas pourtant à votre portée ? Voilà de quoi vous mettre du baume au cœur.

Si Phantom montre quelque chose d’un peu particulier, je ne vois vraiment pas ce qui justifie le prix de Hrein II. J’en parlais hier soir à ma fille cadette, qui a fait des études artistiques, pour avoir son avis. Elle m’a suggéré alors de visionner la vidéo de Franck Lepage, consacrée à l’art contemporain.

Franck Lepage a pour cheval de bataille, l’éducation populaire. La première fois que je l’ai vu sur Internet, c’était dans un long entretien accordé à Maja Neskovic pour Arrêt sur Images. L’entretien est entrecoupé par des extraits de ses spectacles. Si vous avez le temps… la vidéo dure deux heures.

Dans l’un de ses spectacles (à partir de 50’30 dans la vidéo d’arrêt sur image), Franck Lepage mélange des cartes sur lesquelles il a écrit des mots passe-partout. Une fois mélangées, il les visualise et les montre au public une à une, tout en glissant les mots trouvés dans un texte improvisé qui semble cohérent/intelligent et qui, en réalité, ne veut rien dire. C’est de la langue de bois.

Dans sa vidéo sur l’art contemporain, Franck Lepage dénonce l’arnaque que constitue ce domaine qui tend à fabriquer de la valeur sans fabriquer de la richesse. Trois conditions pour un marché : des riches, des œuvres à profusion et une institution garantissant la valeur des œuvres et la côte de l’artiste. Les riches existent. L’art contemporain permet la création d’œuvres à profusion (elles ne sont pas chères à produire). La troisième condition est remplie par le ministère de la culture qui achète des œuvres à des prix tenus secrets, avec l’argent du contribuable. Un véritable scandale.

Toujours dans cette vidéo, il raconte quelques anecdotes d’une visite de la 40ème édition de la FIAC (2013), faite avec Daniel Mermet. Cette visite a fait l’objet d’une émission Là-bas si j’y suis, intitulée « Trois réacs à la FIAC » et peut être réécoutée sur le site de France Inter, à partir de 07’22.

Giv Anquetil, Daniel Mermet et Franck Lepage commentent ce qu’ils voient lors de leur visite et interrogent les exposants. C’est très révélateur. À un moment, les trois compères repèrent un crochet à 1,50 € de chez Castorama, fixé dans le mur, avec le nom d’un artiste inscrit au dessous… Je vous laisse écouter. C’est à partir de 17’15.

J’ai aussi visionné une interview d’Aude de Kerros qui a écrit L’imposture de l’art contemporain : une utopie financière. Celle-ci ne dure que 16 minutes et est peut-être un peu plus concise et plus simple à comprendre que le discours de Franck Lepage.

Jersey Sky de Piblo

Suite à cette « étude », il est clair que les photos les plus chères au monde, relèvent aussi des mécanismes de l’art contemporain. Ma photo ci-dessus, prise à Jersey, n’y aurait-elle pas sa place ?

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