Bitcoins et Blockchains

Je suis fasciné par le bitcoin. Voilà une monnaie – créée à partir de rien, par un ou plusieurs individus anonyme(s) -, qui capitalise aujourd’hui plus de 100 milliards de dollars. C’est hallucinant.

Satoshi Nakamoto est le pseudonyme qui a été utilisé par le créateur du bitcoin. En fait, nul ne sait de qui il s’agit. Il a rendu public son logiciel (open source) en 2009. On pourrait penser à une arnaque. Mais ça marche : la valeur d’une monnaie réside dans la confiance qu’on lui accorde.

Il faut croire que nombreux sont ceux qui font confiance au bitcoin. Fin 2010, un bitcoin valait moins de 1 dollar. Le 8 février de cette année, il valait 1000 euros. Le 15 août, il valait 3500 euros. Au cours des cinq derniers jours il est monté jusqu’à 6500 euros !!

Historique du cours du bitcoin en dollars jusqu’au 10 octobre 2017
selon le site blockchain.info

Le système a été conçu pour ne pas dépasser 21 millions d’unités. Aujourd’hui, il y en a environ 17 millions en circulation. Pour mettre en circulation de nouveaux bitcoins, il faut les extraire. C’est ce que font les mineurs (voir plus loin).

Toutes les transactions (335 000 par jour, actuellement) sont horodatées et enregistrées dans une blockchain hébergée sur de nombreux serveurs dans le monde. La blockchain est une base de données distribuée, transparente, sécurisée et fonctionnant via Internet sans organisme central de contrôle (banque, par exemple). Les transactions sont vérifiées en plusieurs endroits. Aucune falsification n’est possible.

Si j’ai bien compris, si vous possédez des bitcoins, leur parcours depuis leur origine jusqu’à vous est enregistré dans la blockchain. Le bitcoin est la première application basée sur le principe d’une chaîne de blocs. D’autres monnaies, telle Ethereum, mais aussi de nouvelles applications, ont été crées ou sont à l’étude, depuis : pour les actes notariés (cadastre dans certains pays), pour les smart grids (production d’électricité décentralisée), etc.

Ces systèmes demandent des ressources informatiques considérables pour enregistrer les transactions. Si j’ai bien compris, les mineurs jouent un rôle essentiel dans la gestion des blockchains. Cette gestion requiert des calculs de plus en plus longs et coûteux du point de vue énergétique et c’est en les réalisant que les mineurs se rémunèrent en créant de nouveaux bitcoins.

Il est difficile d’estimer la puissance électrique nécessaire au fonctionnement du système mais, selon certaines études, elle se situerait entre 8 et 24 TWh par an, soit l’équivalent de 0,7 à 2,1 réacteurs nucléaires de 1300 MW fonctionnant à plein temps.

Je me demande comment cela va se terminer. Que se passera-t-il lorsque les 21 millions d’unités seront toutes en circulation (95% de la totalité en 2028) ? Comment le système pourra-t-il continuer à fonctionner s’il ne peut plus rémunérer les mineurs ? Doit-on s’attendre à une chute des cours dans les années qui viennent ?

Et, pour le cas où le bitcoin continuerait d’exister, l’énergie dépensée pour entretenir le système ne pourra que croître, sachant que les transactions se poursuivront sans qu’aucune ne soit effacée.

Pour plus d’informations vous pouvez podcaster l’émission « Les nouvelles vagues » du 15 février 2017 intitulée : « Toute monnaie repose sur la confiance… sur Internet aussi ».

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