Cette page décrit une promenade qui peut être faite à Lyon selon une lecture des énigmes de la Chouette d’Or, dans l’ordre croissant des longueurs d’onde. Elle a pour but de montrer que l’on peut trouver dans cette chasse, des coïncidences extraordinaires qui sont pourtant tout à fait fortuites.
Contents
Introduction

La photo ci-contre représente une vue de la ville de Lyon prise depuis le parvis de la basilique de Fourvière. Au premier plan, on aperçoit la primatiale Saint-Jean puis, plus loin, le pont Bonaparte qui enjambe la Saône. Plus loin encore, on remarque la place Bellecour et le Rhône. La photo est prise en direction de l’ESE.
La « promenade de Lyon » a partiellement été racontée sur le forum de 3615 Manya par Arthur, il y a une trentaine d’années. Bien qu’incomplète, elle m’avait bien plu. Certains chouetteurs la connaissait déjà, au point d’être allés creuser dans le parc de la Tête d’Or. Je l’avais alors reprise et tenté d’aller jusqu’au bout (780). Je m’étais notamment intéressé à la fondation de Lugdunum.
C’est sur la colline de Fourvière qu’est née la colonie romaine de Lugdunum (de dunum, colline et de Lug, dieu gaulois du soleil et de la lumière, équivalent celte d’Apollon dans ce domaine). Comme de nombreux autres hauts lieux de France, la colline de Fourvière était autrefois consacrée au culte du soleil.
À plusieurs reprises dans cette balade, je me réfère au Guide Michelin dont les avis tiennent aussi la route.
Énigme 420
C’est là que l’aigle imprima la marque de ses serres dans le sable cent jours avant de se casser le bec et y laisser ses plumes.
Le 10 mars 1815, Napoléon 1er, de retour de l’Ile d’Elbe, débarque à Lyon(*), cent jours exactement avant sa défaite à Waterloo (18 juin 1815). Le lendemain, il passe les troupes en revue, sur place Bellecour. Il prend aussi la décision de rétablir l’empire en émettant les fameux décrets de Lyon (ref : Histoire de Lyon sur exploralyon.com).
(*) Au sens familier du terme => arrive

L’expression « imprimer la marque de ses serres » peut se référer aux traces laissées par Napoléon sur la place Bellecour si celle-ci n’était pas pavée mais présentant un sol stabilisé. Une grande partie de la place est aujourd’hui recouverte de gorrhe du Beaujolais (sable grossier de couleur ocre),
L’expression pourrait aussi se rapporter à la signature de Napoléon au bas des décrets. Mais intéressons-nous à la place Bellecour.
Alors prête un arc à Apollon :
De là, il comptera 1969,697 mesures vers le zénith.
En une 46 241 860ème fraction de jour sidéral,
son trait s’abattra.
Hâte-toi de trouver la flèche.
Le fronton de l’un des deux pavillons érigés sur la place Bellecour – celui situé à l’ouest -, est orné d’une statue d’Apollon réalisée par Joseph-Hugues Fabisch. Apollon est représenté sans arc ni flèches. On peut donc lui en prêter un.

Comptant des mesures vers le zénith, on peut imaginer qu’il vise un point haut dans les environs. Ne serait-ce pas le sommet de Fourvière, lieu de culte du dieu gaulois Lug ? Même si ni Apollon, ni Mercure n’ont été vénérés en ce lieu, Lug est un dieu solaire comme Apollon.


Ni l’altitude de Fourvière (295 m), ni la différence d’altitude avec la place Bellecour (128 m), ni la distance entre la statue d’Apollon et la basilique (840 m) ne semblent être en phase avec l’énigme. Mais soit. Quittons la place Bellecour en franchissant la Saône par le pont Bonaparte. Depuis la rive gauche, juste avant de franchir la Saône, nous sommes à 650 mètres de la basilique.
À noter que c’est dans l’énigme 650, lorsque tout sera révélé, que nous retrouverons la flèche d’Apollon.
Énigme 470
Ce n’est le bon chemin que si la flèche vise le cœur
Il est amusant de constater que les deux énigmes dans lesquelles il est question d’une flèche, se suivent dans l’ordre croissant des longueurs d’onde. Dans cette lecture, la flèche de la 470 serait donc celle qu’Apollon vient de tirer depuis la place Bellecour et que nous devons nous hâter de trouver. Le cœur, ne pourrait-il pas être le chœur de la basilique de Fourvière ? Mieux, vous verrez qu’il s’agit en réalité du cœur (centre) de Lugdunum.
De l’autre côté de la Saône :
- nous croisons le quai Romain Rolland ;
- nous empruntons l’avenue Adolphe Max et
- nous nous dirigeons vers la rue de la brèche… de Roland ?

Laissons pour le moment de côté « Trouve mon tout, et, par l’Ouverture, tu verras la Lumière« . C’est pour plus tard.
Énigme 500

Au bout de l’avenue Adolphe Max, nous tournons à droite. Nous empruntons, en quelque sorte, l’orthogonale.
Pour trouver dans cette direction la spirale à quatre centres – supposée être sur les hauts de Fourvière -, c’est loin. Mais en empruntant, à la station de Métro, le funiculaire qui y monte, c’est beaucoup moins loin.
La primatiale Saint-Jean est tout près de là où nous nous trouvons. Plusieurs fois dans la journée (au moins, une fois à midi), nous pouvons entendre les notes de l’Ut Queant Laxis., l’hymne de Saint Jean Baptiste. C’est le seul édifice religieux en France où cela se produit. On en reparle en 530.



Énigme 520
Maintenant que tu as dénoué tous les fils…
Deux funiculaires peuvent être pris à la station de métro Saint-Jean – Vieux Lyon : celui de Fourvière et celui de Saint-Just. Les lyonnais les appellent affectueusement, « ficelles« . Dénouer les fils signifierait donc, prendre le bon funiculaire.

La terre s’ouvre
« Sur la place St-Jean, à droite de la façade, s’élève un édifice du 12e s., la manécanterie ou maison des chantres. Enfoncée de 0,80 m par suite de l’exhaussement du sol, la façade, décorée d’une arcature aveugle… a conservé, malgré des remaniements, une allure romane » (cf. Guide Michelin).
Énigme 530
Comme pour la flèche qui apparaît dans deux énigmes consécutives dans l’ordre croissant des longueurs d’onde, la notion d’ouverture apparaît dans trois énigmes consécutives si l’on inclut « la terre s’ouvre« . Le titre de la 530 ferait-il encore allusion à l’enfoncement de la manécanterie dans la terre ou à la rue de la brèche ?
Manécanterie vient du latin mane cantare qui signifie chanter le matin. N’est-ce pas ce que fait le coq sur le visuel de cette énigme ?

… d’autant plus que dans celle-ci un lien étroit peut être fait avec l’horloge astronomique de la primatiale, toute proche. « Dans le croisillon de gauche, une horloge astronomique remontant au 14e s. donne une curieuse sonnerie dite de l’hymne à saint Jean, avec chant du coq et jeu d’automates représentant l’Annonciation« , nous dit le Guide Michelin.
Victime d’un acte de vandalisme en 2013, l’horloge a été restaurée et fonctionne de nouveau depuis 2024 (Le Progrès – 20 septembre 2024).
Énigme 560

Cherche l’Ouverture qui révèle la Lumière Céleste
Ne t’attarde pas, ne demande pas ton reste
Comme pour l’énigme 420, il convient de se hâter de trouver la flèche (de lumière). Autrement dit, continuer notre parcours vers le haut de Fourvière. Nous verrons plus loin que la Lumière Céleste et la flèche d’Apollon sont confondues. il s’agit d’un rayon de soleil en haut de la colline.
… voir, par l’Ouverture, la Nef encalminée
Depuis la rue de la brèche (ouverture), on peut apercevoir la basilique de Fourvière (nef encalminée).
L’Ouverture pourrait aussi faire référence à la catastrophe qui s’est produite dans le quartier, dans la nuit du 12 au 13 novembre 1930 : un pan de la colline s’est effondré, détruisant de nombreux immeubles et faisant une quarantaine de morts. Une plaque commémorative a été érigée au bout de la rue de la brèche. Aujourd’hui, les eaux d’infiltration ont été drainées et, en poursuivant notre chemin, on s’apprête à marcher dessus.
Ad augusta per angusta
=> À des résultats grandioses par des voies étroites (Ref. Petit Larousse Illustré). Nous allons emprunter des rues et chemins étroits pour gravir la colline : rue du bœuf (ci-dessous), puis montée des Chazeaux, par exemple.

Énigme 580
Le bon sens est le sens du contre sens et vice versa
Le chemin monte en lacet dans les jardins du Rosaire (coin nord-ouest sur le plan ci-dessus). Après chaque virage, on prend la direction opposée à celle que l’on vient de suivre.
Énigme 600
Quand Al-Mar s’allie à la fibule de Préneste, les ténèbres resplendissent
L’architecte Pierre Bossan, qui a conçu la basilique de Fourvière, était fasciné par l’architecture méditerranéenne et orientale. Bien qu’elle soit globalement de style néo-byzantin, la basilique, achevée en 1884, intègre de très fortes influences mauresques. Ses quatre tours octogonales se terminant par des créneaux, rappellent la silhouette de certaines mosquées ou forteresses d’Afrique du Nord. À l’intérieur, la richesse des mosaïques emprunte aussi énormément à l’esthétique arabo-andalouse. Voilà donc pour Al-Mar.



Non loin de la basilique se trouve le musée de la civilisation gallo-romaine. Conçu par l’architecte Bernard Zehrfuss, il a été inauguré en 1975 par Mme Giscard d’Estaing. Intérieurement, il est constitué d’une rampe en béton brut descendant en spirale (rampe hélicoïdale). Certes, il ne s’agit pas d’une spirale à quatre centres… mais le musée pourrait très bien être symbolisé par la fibule de Préneste. Le musée est enfoui sous la colline de Fourvière, face à l’Odéon. Des puits de lumière et deux ouvertures, appelées « canons de lumière », éclairent les collections.
Il est à noter que le musée nous apprend que Drusus, gendre de l’empereur Auguste, avait fait bâtir sur le site de la Croix-Rousse, de l’autre côté de la Saône, un immense sanctuaire inspiré de celui de Préneste.

Énigme 650

Puisque nous sommes au musée de la civilisation gallo-romaine, intéressons nous à la création de Lugdunum. Tout près du musée, une stèle commémorant le bimillénaire de la ville, a été érigée en 1958 par le maire de Lyon. Street View nous montre qu’elle était encore en place en mai 2015 mais qu’elle a disparu l’année suivante. On pouvait y lire :
En ce lieu, le 10 octobre 43 av. J.-C., L. Munatius Plancus a effectué les rites de fondation de la colonie de Lugdunum.
Le Guide Bleu nous apprend que la date de la fondation de Lugdunum a pu être établie grâce à des calculs astronomiques.

Dans le guide Michelin – dont les avis tiennent la route -, il est recommandé de lire « Lyon, miroir de Rome« , par Amable Audin (Éd. Fayard), pour plus de détails. Dans cet ouvrage, Amable Audin nous apprend que, lorsque les romains fondaient une nouvelle ville, le fondateur s’asseyait face à l’est (i.e. dos au ponant), et relevait la direction du lever de soleil. Cette direction permettait de tracer l’axe principal de la ville, le decumanus. L’autre axe, tracé perpendiculairement, était le cardo maximus.
La stèle du bimillénaire est censée avoir été érigée exactement au croisement de ces deux axes… c’est à dire là où les ténèbres resplendissent lors du premier rayon de soleil. Ce premier rayon ne serait-il pas la flèche d’Apollon que nous cherchions ?
Pour l’anecdote, des fouilles archéologiques ont permis de monter que de decamenus faisait un angle de 98° avec le Nord géographique. Deux dates étaient possibles en 43 avant J.-C., année de fondation de Lugdunum. Grâce à d’autres considérations historiques, c’est celle du 9 ou 10 octobre qui a été retenue.

L’observation des levers de soleil ne date pas des romains. Sur le site de Fourvière, à l’endroit de la basilique, se trouvait autrefois un temple druidique qui constituait un observatoire céleste. C’est là que nos ancêtres observaient les levers de soleil, dont les directions caractérisent les saisons.
Quand tout est révélé
Dos au Ponant, cherche les Sentinelles.
À 8000 mesures de là, elles t’attendent.
Trouve-les, il te faut les passer en revue.
Les sentinelles pourraient être les repères (pierres dressées, par exemple), vu depuis l’observatoire et marquant les levers de soleil au moment des solstice d’été et d’hiver. Les passer en revue serait, par exemple, les étudier.
De nos jours, les sentinelles pourraient être des immeubles de Lyon. Il s’avère que, quasiment dans le prolongement du Decamenus, à 2640 mètres – soit 8000 mesures de 33 cm -, se trouve la tour Part-Dieu, anciennement tour du Crédit Lyonnais, surnommée « le crayon« . Livrée en 1977, son sommet se situe sensiblement à la même hauteur que la basilique de Fourvière.


Énigme 780
Sur des pièces d’or, frappées à Lyon à l’époque d’Auguste, on peut voir le dieu Lug poser un pied sur un globe céleste représentant l’année (Ref Amable Audin ?)… Représentation classique, à cette époque, de la maîtrise du calendrier par le dieu (ou le souverain).
Le premier pas pourrait être celui que fait le fondateur de la cité sur le decamenus, en direction du soleil levant… direction pouvant être symbolisée par la boussole dans notre jeu.
Conclusion
Que tirer de tout cela ? Rien, probablement. Je voulais seulement montrer qu’on peut trouver des éléments de solutions remarquables, conduisant à une piste cohérente qui pourtant est tout à fait illusoire.